Adapter une brochure de votation en FALC semble simple. Mais comment rester neutre, faire court et rendre vraiment compréhensible un sujet politique? Avec Élodie Maître, nous avons tenté l’exercice. Et à la fin, je me suis posé une vraie question: faut-il simplifier les brochures de vote, ou raconter les objets de votation autrement?
L’idée est venue au détour d’un échange sur nos pratiques: Élodie Maître et moi avons décidé d’adapter en FALC la brochure fédérale pour les votations du 14 juin. Nous avions envie de voir à quel point il est difficile (ou pas) de simplifier ces textes, en respectant la neutralité du propos.
Comme nos agendas étaient bien remplis, nous avons décidé de faire «au plus simple»: adapter uniquement la présentation brève de la brochure (le En bref).
Les difficultés de l’exercice
Seulement voilà… Nous avons vite remarqué ceci: il n’est pas possible de juste adapter en FALC la partie En bref de la brochure. Car pour comprendre ce résumé, il faut comprendre tout le sujet. Résultat: nous avons dû lire toute la brochure. Et même chercher des informations ailleurs.
Et oui: après une première impression de relative simplicité et de neutralité, le texte a dévoilé des sous-entendus, des références vagues qu’il a fallu expliciter. Toujours en espérant rester neutre.
Nous avons aussi décidé d’ajouter certaines informations. Par exemple: les recommandations de vote des grands partis politiques suisses. La brochure fédérale ne mentionne que les avis de ses instances (Conseil fédéral et Parlement). Cela nous semblait trop peu. En effet, beaucoup de personnes regardent ce que dit tel ou tel parti pour se faire un avis
Les résultats?
Vous trouvez les textes avant-après à la fin de cet article. Et si vous avez des retours, écrivez-nous sur nos posts LinkedIn respectifs.
Est-ce le meilleur des formats?
Une fois l’exercice fait, il reste une question qui me trotte dans la tête: Adapter la brochure des votations en FALC est-il le meilleur moyen pour informer sur les objets de votation?
Alors oui, c’est sans aucun doute un plus. Cela rend l’information des autorités fédérales (ou cantonales ou communales) plus accessible.
Mais peut-être que ce n’est pas la manière la plus pertinente. Peut-être vaudrait-il mieux «raconter» l’objet de votation, plutôt que seulement le présenter. Un peu comme le fait le journalisme. Avec plus de narratif et moins d’info «froide».
Par exemple quelque chose du genre:
Est-ce que 10 millions de personnes en Suisse, c’est trop?
L’UDC pense que oui.
L’UDC dit:
La Suisse ne doit pas avoir plus de 10 millions de personnes avant 2050.
Pour cela, l’UDC veut limiter l’immigration.
Cela veut dire:
L’UDC veut que moins de personnes étrangères viennent vivre en Suisse.
L’UDC a alors lancé une initiative.
Cette initiative s’appelle: «Pas de Suisse à 10 millions!»
Les autres grands partis politiques ne sont pas d’accord.
Ils disent:
Cette initiative n’est pas une bonne solution.
Cette initiative peut créer de nouveaux problèmes.
Regardons maintenant les arguments des 2 camps.
…
Et vous?
Qu’en pensez-vous?
Quelles stratégies priviléger pour parler des sujets de votation?
Les textes de vote
Votation sur l’initiative populaire: «Pas de Suisse à 10 millions! (initiative pour la durabilité)»
De quoi ça parle ?
Le 14 juin, vous votez sur une initiative populaire.
Cette initiative parle du nombre d’habitantes et d’habitants en Suisse.
Il y a de plus en plus d’habitants en Suisse.
En 2002, il y avait moins de 8 millions d’habitants en Suisse.
Depuis fin 2025, il y a plus de 9 millions d’habitants en Suisse.
Beaucoup de ces personnes viennent d’autres pays.
Principalement de pays en Europe.
Ces personnes viennent pour travailler. La Suisse manque de personnes pour certains métiers. Par exemple :
- dans les entreprises,
- dans les hôpitaux,
- dans les EMS.
Que veut l’initiative ?
L’initiative veut ceci:
Il ne doit pas y avoir plus de 10 millions d’habitants en Suisse.
10 millions d’habitants est la limite.
Cette limite ne doit pas être dépassée avant 2050.
Après 2050, cette limite peut changer.
Si le nombre d’habitants se rapproche trop de la limite,
alors le Conseil fédéral et le Parlement doivent agir.
Par exemple:
- Limiter le nombre de personnes d’autres pays qui viennent vivre en Suisse.
- Changer les accords entre la Suisse et les autres pays pour rendre plus difficile de venir Suisse.
La question du vote:
Acceptez-vous l’initiative populaire «Pas de Suisse à 10 millions! (initiative pour la durabilité)»?
Les arguments
Les arguments pour le NON
Il faut dire NON parce que:
- L’initiative va créer des problèmes en Suisse.
- Sans les personnes qui viennent d’autres pays,
il n’y aura pas assez de travailleuses et travailleurs en Suisse.
Par exemple: -
- Dans les hôpitaux.
Il faudra attendre plus longtemps pour être soigné. - Sur les chantiers.
Les réparations et les constructions prendront plus de temps. - Dans les entreprises.
Les entreprise fonctionneront moins bien.
Elles gagneront moins d’argent.
- Dans les hôpitaux.
- L’initiative va créer des problèmes avec l’Europe:
Si la Suisse accepte moins de personnes venant d’Europe,
alors l’Europe et la Suisse ne seront plus des partenaires: -
- Ce sera plus difficile pour les Suisses d’aller travailler en Europe.
- Il faudra payer plus cher pour les produits venant d’Europe.
- La Suisse devra assurer seule sa sécurité et ses frontières.
La Suisse n’aura pas d’aide de l’Europe pour accueillir les personnes qui demandent l’asile. - L’initiative va abîmer l’image de la Suisse dans le monde:
Les autres pays ne verront plus la Suisse comme un pays qui aide.
Les arguments pour le OUI
Il faut dire OUI parce que:
Il y a trop de personnes qui viennent vivre en Suisse.
À cause du trop grand nombre d’habitants:
- Il n’y a pas assez de logements pour tout le monde. Les loyers sont trop chers. Il devient difficile pour les Suisses d’acheter un logement.
- Il y a trop de constructions et moins de nature. La campagne suisse disparaît.
- Il y a trop de voitures sur les routes et trop de monde dans les trains. Cela crée de la pollution et des retards.
- Il y a des problèmes de sécurité. Par exemple des vols et des agressions.
- Il faut toujours plus de médecins pour soigner tout le monde. Cela augmente encore le nombre d’habitants.
- L’école fonctionne moins bien. Il y a de plus en plus d’élèves qui parlent d’autres langues. Cela fait baisser le niveau pour tous les élèves.
Avec l’initiative, le nombre d’habitants sera limité. Il sera plus facile de résoudre ces problèmes.
Qui est pour et qui est contre?
L’avis du Conseil fédéral
Le Conseil fédéral recommande de dire NON.
L’avis du Parlement
Le parlement recommande en majorité de dire NON.
Vote du Conseil national: 123 non, 67 oui, 6 abstentions
Vote du Conseil des États: 30 non, 9 oui, 5 abstentions
Les partis politiques qui disent NON
- Le Parti socialiste (PS)
- Le Centre
- PLR - Les Libéraux-Radicaux
- Les Verts (PES)
- Les Vert’libéraux (PVL)
- Le Parti évangélique (PEV)
Les partis politiques qui disent OUI
- L’Union démocratique du centre (UDC) .
- C’est l’UDC qui a proposé l’initiative.
Votations sur le projet de loi: Modification de la loi fédérale sur le service civil
De quoi ça parle?
Le 14 juin, vous votez sur un changement de loi. Cette loi parle du service civil.
Le service civil, c’est quoi?
Le service civil est pour les personnes
qui ne veulent pas faire le service militaire.
Parce que le service militaire va contre leurs valeurs.
Cela veut dire: contre ce que ces personnes trouvent bien et juste.
Ces personnes font alors un service civil. Les personnes qui font le service civil s’appellent des civilistes.
Les civilistes travaillent pour la population.
Par exemple:
- dans des EMS
- dans des hôpitaux
- dans des institutions
- pour la sécurité dans des événements
- pour protéger la nature
Le projet de loi veut quoi?
Le Conseil fédéral dit:
- Trop de personnes choisissent le service civil.
- Trop de personnes quittent l’armée pour faire le service civil.
- Il n’y a pas assez de personnes dans l’armée.
Avec ce projet de loi,
le Conseil fédéral veut rendre le service civil moins intéressant.
Il faut que moins de personnes choisissent le service civil.
Le service civil doit rester une exception.
Le projet de loi veut durcir les règles du service civil.
Cela veut dire: rendre les règles plus strictes.
Le projet de loi garde la règle:
les civilistes doivent faire plus de jours de service que
les militaires.
Les civilistes doivent faire 1,5 fois plus de jours.
Par exemple: si le service militaire est de 300 jours.
Le service civil est de 450 jours.
Le projet de loi veut ajouter de nouvelles règles.
Par exemple:
- Les civilistes doivent faire au moins 150 jours de service civil.
- Même si la personne a passé du temps avant dans l’armée.
- Les étudiant-es en médecine ne pourront plus faire leur service civil dans les métiers de la santé.
- Les civilistes devront faire du service civil chaque année.
- Ils ne pourront plus:
- Faire leur service civil à la suite.
- Faire de longues pauses entre les périodes de service civil.
La question du vote
Acceptez-vous la modification du 26 septembre 2025 de la loi fédérale sur le service civil (LSC)?
Les arguments
Les arguments pour le OUI
Il faut dire OUI parce que:
- Le service militaire doit rester le choix principal.
- Le service civil doit rester une exception.
- Le service civil ne doit pas être plus intéressant que l’armée.
- L’armée forme des militaires.
- Cela prend du temps et de l’argent.
- Il faut empêcher que des militaires quittent l’armée pour faire le service civil.
Les arguments pour le NON
Il faut dire NON parce que:
- Il y aura moins de civilistes.
Les civilistes travaillent dans des lieux utiles à la population.
On risque de manquer de personnes pour certaines tâches.
Par exemple dans les EMS, les fermes ou la protection de la nature. - Il y aura plus de personnes dans l’armée.£Mais cela ne veut pas dire que l’armée sera meilleure.
Car certaines personnes ne seront pas motivées. - Le projet de loi est une menace:
C’est peut-être une première étape pour supprimer le service civil.
Qui est pour et qui est contre
L’avis du Conseil fédéral
Le Conseil fédéral propose de dire OUI.
L’avis du Parlement
Le parlement propose en majorité de dire OUI.
Vote du Conseil national: 120 oui, 76 non, 0 abstention
Vote du Conseil des États: 33 oui, 10 non, 1 abstention
Les partis politiques qui disent OUI
- Le Centre
- PLR - Les Libéraux-Radicaux
- L’Union démocratique du centre (UDC)
Les partis politiques qui disent NON
- Le Parti socialiste (PS)
- Les Verts (PES)
- Le Parti évangélique (PEV)
- Les Vert’libéraux (PVL)
© Texte et image: France Santi, textoh!
